La fondation Louis-Vuitton avance au grand jour

Publié le par MASTER 1 TPE 2006-07

Le Conseil de Paris devrait autoriser, aujourd'hui, l'institution à s'installer dans un bâtiment dans le bois de Boulogne. Le projet est désormais public après des années de discussions confidentielles.

 
NOUVEAU CHAPITRE dans l'épopée de la Fondation Louis-Vuitton : le Conseil de Paris, qui se tient depuis hier et, au moins, jusqu'à demain, est invité à autoriser la réalisation, dans le bois de Boulogne, de l'établissement dédié à l'art et à la création que le groupe LVMH entend ouvrir en 2010 dans un bâtiment conçu par le célèbre architecte Frank Gehry.
 
Le bois de Boulogne semblait tout indiqué puisque le leader mondial du luxe y gère le Jardin d'acclimatation. Les conditions n'étaient toutefois pas réunies, jusqu'à ce que, notamment, le bowling ferme et offre l'opportunité d'un terrain disponible.
 
Subjugué quelques années plus tôt par le musée Guggenheim de Bilbao, le président de LVMH avait en effet rencontré Frank Gehry. L'architecte lui assure en tout cas avoir été « frappé dès le début par l'idée d'un musée transparent », d'une grande serre qui profiterait de son environnement naturel.
 
« À partir de cette base, nous avons montré des maquettes rudimentaires, des gestes très spontanés, à Bernard Arnault », raconte Marc Salette, qui, avec Edwin Chan, mène ce projet aux côtés de Frank Gehry.
 
C'est aussi la manière très tactile qu'a Frank Gehry de façonner un bâtiment. Cette fois, pas moins d'une cinquantaine de maquettes, plus ou moins grandes, plus ou moins détaillées, ont jusqu'alors été fabriquées. L'équipe est aussi retournée au bois de Boulogne. « Nous l'avons vu à toutes les saisons », assure Marc Salette. Et tandis qu'une autre personnalité incontestable, Suzanne Pagé alors sur le point de quitter la direction du Musée d'art moderne de la Ville de Paris, était choisie pour imaginer le contenu du futur musée, les meneurs du projet s'employaient à rencontrer toutes les parties prenantes de l'aventure : les artistes, le ministre de la Culture et, bien sûr, la mairie de Paris, propriétaire des lieux.
 

Agir dans le plus grand respect

 
Ainsi, il y a environ deux ans, une réunion en comité restreint se déroulait dans les bureaux de Bertrand Delanoë. La Ville était d'emblée partante, mais elle avait l'enthousiasme raisonnable. Pour elle, Frank Gehry et Bernard Arnault, comme les autres, devaient se plier à la règle.

Au fil des mois, les volumes des espaces d'exposition ont été positionnés puis l'enveloppe, cette grande voilure de verre comme gonflée par le vent, a été dessinée. Un bassin artificiel est apparu au sol, qui doit donner encore plus de légèreté au bâtiment. Les murs des salles aussi ont changé. Sous la peau de verre, leur surface était à l'origine prévue en titane multicolore. Jean-Paul Claverie se souvient qu'un jour « Bernard Arnault se demandait si ce ne serait pas mieux en une seule couleur, en blanc par exemple. Or le lendemain, sans le savoir, Frank Gehry est justement arrivé avec une maquette en blanc. » 
 
Le projet poursuit aujourd'hui son évolution. « Depuis octobre, les choses se sont encore affinées, note Jean-Paul Claverie. On arrive à quelque chose de quasiment définitif. » Toute cette histoire, désormais officielle, sera d'ailleurs racontée, notamment en maquettes, lors d'une exposition au pavillon de l'Arsenal au début de l'année prochaine.
Le figaro, le 10 Décembre 2006
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Publié dans Revue de presse

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