Desiderio, la grâce du marbre

Publié le par MASTER 1 TPE 2006-07

Le Louvre expose une trentaine d'oeuvres de l'un des plus éclatants sculpteurs florentins de la Renaissance : Desiderio Da Settignano.

Une trentaine d'oeuvres réunies grâce à la collaboration du Louvre (Marc Bormand, conservateur au département des sculptures, est le commissaire de l'exposition) avec le Musée national du Bargello à Florence et la National Gallery de Washington.
 

Une extraordinaire virtuosité

 
On savoure immédiatement l'art incomparable, le stil dolce de ce virtuose de la pierre et du bois, mort en 1464, à l'âge de 35 ans ­environ, dont Vasari, maître in­contestable du goût et auteur de l'indispensable Vie des peintres et des sculpteurs, disait qu'il était un ­artiste de « la très grande grâce et élégance ».
 
Les oeuvres présentées dans l'aile Richelieu du Louvre sont toutes d'une qualité exception­nelle et le nombre restreint invite à la concentration, à la méditation même, devant ces suavités marmoréennes. 

 
On reste parfois stupéfié par la précision presque surréelle du trait : dans ce Saint Jean-Baptiste, par exemple, saint patron de la ­ville de Florence. Et quelle douceur maternelle et divine dans ces trois bas-reliefs d'une Vierge à l'enfant ! Non loin, voici une autre merveille, Saint Jérôme dans le désert, à ­l'extraordinaire virtuosité technique : le drapé, le paysage, la solidité du roc, la fragilité du saint en extase, la complexité du dépouillement. Tout cela s'admire, se lit presque avant qu'on s'abandonne en s'éloi­­gnant pour une délectation visuelle, spatiale, plus paisible.
 
C'est peut-être là que le bât blesse. Ces volumes, ces courbes, ces arrondis et ces dentelles de marbre, dont la fonction étaient d'orner des demeures profanes ou religieuses, dégagent, du fait de la matière même, une luminosité qui fait pleinement partie de la beauté de l'oeuvre. On regrette donc le peu de soin, le contresens même, avec lequel les pièces sont ici éclairées : avec des spots violents et mal ­posés (aucune ombre ni mise en valeur des formes), presque profanateurs et si loin des subtilités de la lumière toscane qui fut toujours la meilleure amie des magiciens du Quattrocento.

 
Au Musée du Louvre jusqu'au 22 janvier. Tél. : 01 40 13 49 13. Catalogue : Musée du Louvre éditions, 39 €.
Le Figaro, le 15 Décembre
Publicité

Publié dans Revue de presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article