Louvre Abu Dhabi

Publié le par MASTER 1 TPE 2006-07 METIERS PATRIMOIES


Musée du Louvre à Abou Dhabi: signature ce mardi malgré des réticences en France


PARIS (AFP) - Abou Dhabi, la richissime capitale des Emirats arabes unis, aura son musée du Louvre à partir de 2012 ou 2013, aux termes d'un accord qui doit être signé mardi en dépit de l'hostilité d'une partie des milieux culturels français.
Le ministre de la Culture et de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres, au nom de la France, accompagné d'une délégation de patrons de musées, et Cheikh Sultan bin Tannoun, président de l'Autorité du Tourisme et du Patrimoine d'Abou Dhabi et membre de la famille royale, seront les deux signataires de cet accord intergouvernemental, une première mondiale de ce type, selon le ministère français de la Culture.

Ce texte de quinze pages et d'une vingtaine d'articles jette les fondations d'un musée universel à dominante d'art occidental classique, alimenté en oeuvres et en expertise par les musées français, et qui portera le nom de "Louvre Abou Dabi" en français, et "Louvre Abu Dhabi" en anglais.

Les travaux commenceront cette année pour ouverture vraisemblablement en 2013, selon le ministère.

L'accord signé sur une base de 20 ans doit rapporter près de 700 millions d'euros à la France, selon un chiffre cité par le quotidien Le Monde que le ministère se refusait lundi à confirmer.

Le coût du bâtiment lui-même, de 24.000 m2 dont 8.000 m2 de surfaces d'exposition, conçu par l'architecte Jean Nouvel, s'élève à 83 M EUR supplémentaires, payés par Abou Dhabi, selon le ministère.

Mais ce futur musée de conception française n'est qu'une composante d'un énorme projet portant sur la construction de quatre musées - le Louvre, un Guggenheim pour l'art contemporain, un musée maritime et un musée national - et d'un centre de spectacles qui formeront un "district culturel" sur l'île de Saadiyat, au large d'Abou Dhabi.

Ce district ne sera lui-même qu'une partie d'un gigantesque et luxueux complexe touristique d'hôtels, logements ou équipements sportifs d'un coût global de 27 milliards de dollars, dont Abou Dhabi veut faire d'ici 2018 une destination touristique et culturelle de très grand standing.

L'accord avec la France prévoit, ce qui ne s'est jamais fait, la conception d'un musée, le prêt d'oeuvres et la concession d'un nom, dit-on au ministère.

Il est prévu que, par le biais d'une Agence internationale des Musées de France mise en place dans quelques semaines, les musées français prêtent pendant dix ans, sur la base du volontariat, des oeuvres dont la durée de prêt n'excèdera pas deux ans. 300 oeuvres - soumises à rotation - seront prêtées chaque année les quatre premières années, puis 250 et 200 par an par tranches de trois années suivantes.

Des expositions temporaires seront également organisées pendant quinze ans sur la base d'une grande, une moyenne et deux petites chaque année.

Ce projet a suscité en France une levée de boucliers de nombre de responsables du monde de l'art, s'inquiétant des risques de dérive commerciale, des menaces sur l'intégrité des oeuvres ou des risques de censure.

Une pétition diffusée sur le site www.latribunedelart.com comptait lundi 4.700 signataires -- conservateurs de musées, archéologues, historiens de l'art ou simples particuliers -- à estimer que "les musées ne sont pas à vendre".

Le ministre de la Culture, soulignant "la chance exceptionnelle" que représente un tel projet, a répondu que les musées français n'étaient "pas menacés", leurs oeuvres inaliénables, et que l'argent recueilli reviendrait aux musées, pour des investissements et des acquisitions.

"Il n'est pas question de remettre en cause notre politique muséale", a-t-il insisté. "Les oeuvres conservées par nos musées sont inaliénables. Il n'est pas question de les vendre ou de les louer, mais de les présenter à la curiosité et à l'intelligence de l'étranger".

source Yahoo : mardi 6 mars 2007, 8h38
Publicité

Publié dans Revue de presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article