Les miraculeuses peintures murales de l'église de Vif

Publié le par MASTER 1 TPE 2006-07 METIERS PATRIMOINES

Les fidèles de l'église Saint-Jean-Baptiste, dans la petite commune de Vif, en Isère, à une quinzaine de kilomètres au sud de Grenoble, ont eu une belle surprise le 8 février. Des sondages sur les murs ont révélé que des peintures, recouvrant presque la totalité de l'église, se cachaient derrière cinq couches de badigeon blanc accumulées au cours des siècles.

 

"Ce ne sont pas, techniquement parlant, des fresques, précise Alain de Montjoye, archéologue, médiéviste et conservateur du patrimoine de l'Isère. Mieux vaut parler de peintures murales. Pour l'instant, nous n'en avons qu'une vision réduite : les restaurateurs ont fait des sondages, dégagé des lucarnes en plus d'une centaine de points, qui confirment que les murs nord et sud de la nef, ainsi que le pignon est qui précède le choeur ont été peints, sinon par le même artiste, du moins par le même atelier."

Entre 300 m2 et 500 m2 seraient décorés. "Cela paraît être un ensemble homogène, pas retouché, ni modifié, explique Alain de Montjoye. Nous sommes sans doute devant le cas extrêmement rare d'un programme iconographique complet."

Pour l'instant, seuls émergent des ornementations géométriques, des fragments de scènes à plusieurs personnages, et, sur le mur nord, ce qui pourrait être une Résurrection des morts. Construite au XIIe siècle, l'église a été modifiée aux XIIIe et XIVe siècles. Les peintures seraient contemporaines de la dernière tranche de travaux. "Plutôt fin XIVe", précise Alain de Montjoye, qui demeure prudent : "Les spécialistes n'ont pas encore vu. Nous en avons d'excellents à l'université de Grenoble, qui étudieront le cas lorsque l'ensemble aura été dégagé." Quand ? Difficile à dire, mais, selon le conservateur, "il y a une volonté déterminée de la commune et du département d'exhumer et de restaurer ce monument." Ce que confirme Claude Bertrand, vice-président du Conseil général de l'Isère, qui parle de "trésor incroyable !"

Il se pourrait que ce dernier ait raison. Et que Vif, où vécurent les frères Champollion, les célèbres historiens et archéologues, recèle une merveille de l'histoire de l'art médiéval - en raison de la grande surface peinte, de leur état de conservation et de la datation de l'ensemble. Les campagnes de restauration diront peut-être un peu plus sur le ou les maîtres qui ont décoré cette église de Vif, en ce XIVe siècle, où, pour échapper à la pesanteur des corporations médiévales, les peintres se faisaient itinérants.

Le Monde 120307

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Publié dans Revue de presse

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