Conflit au FRAC de Poitou-Charentes
LE Fonds régional d'art contemporain (FRAC) Poitou-Charentes, installé à Angoulême (Charente), est en pleine tempête médiatico-judiciaire. Son directeur, Olivier Chupin, vient d'être mis à pied par son conseil d'administration, dont fait partie l'Etat via la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) et le conseil régional Poitou-Charentes. Un entretien préalable de licenciement est prévu le 22 décembre.
Ce conseil d'administration présidé par Paul Fromonteil, vice-président communiste de la région Poitou-Charentes et proche de Ségolène Royal, la présidente socialiste de la collectivité, a commandé un audit social à la suite de courriers des quatre salariés du Frac, syndiqués FO. Ces derniers se sont plaints de "menaces verbales" et de "mauvaises conditions de travail". Et le même conseil d'administration devait porter plainte contre X... d'ici à la fin de la semaine, pour "recel de vol", à la demande de la DRAC, qui cherche la trace d'une quinzaine d'oeuvres disparues. Une au moins, une photo de l'artiste allemand Thomas Demand, manque toujours à l'appel. Il y en aurait d'autres, selon le président intérimaire du Frac.
Ces éléments à charge se sont accumulés depuis quelques mois, en même temps que se dégradaient les relations entre M. Chupin et le cabinet de la région Poitou-Charentes. La plainte au pénal déposée le 5 novembre au tribunal de grande instance d'Angoulême pour "harcèlement moral", par le directeur du Frac contre Mme Royal, ex-présidente du FRAC, n'a rien arrangé. Mais selon Béatrice Josse, présidente de l'Association nationale des FRAC, le cas de M. Chupin "n'est pas isolé. D'autres directeurs se trouvent harcelés mais, jusqu'à présent, personne n'a osé rien dire."
Ségolène Royal n'apprécie pas le directeur du Frac et, à la différence de ses prédécesseurs, elle l'a fait savoir : "Il n'est pas l'homme de la situation", a-t-elle déclaré brutalement, en janvier 2006, au quotidien La Charente libre. A l'époque, la présidente de région voulait imposer l'installation du Frac, dont les salles de conservation sont à l'étroit à Angoulême, à Linazay, dans un village du nord de la Vienne (Le Monde du 21 février). M. Chupin, le personnel et la DRAC y étaient opposés. Au final, un Frac multisites (entre Angoulême, Linazay et des antennes locales) pourrait voir le jour. Mais aucun travail sérieux n'a encore étayé le projet.
M. Chupin, par l'intermédiaire de son avocat, Daniel Lalanne, lui reproche cette "déconsidération publique", sa "mise à l'écart" et son "éviction", des "vexations" devant le personnel et un "abaissement public". "Toutes ces actions ont porté atteinte à la dignité personnelle, à l'autorité et à l'avenir professionnel de mon client", martèle Me Lalanne. Une négociation pour un départ à l'amiable a échoué. Dorénavant, les comptes vont se régler devant les tribunaux.
Claudia Courtois
Article paru dans l'édition du 30.11.06 Le Monde
Ce conseil d'administration présidé par Paul Fromonteil, vice-président communiste de la région Poitou-Charentes et proche de Ségolène Royal, la présidente socialiste de la collectivité, a commandé un audit social à la suite de courriers des quatre salariés du Frac, syndiqués FO. Ces derniers se sont plaints de "menaces verbales" et de "mauvaises conditions de travail". Et le même conseil d'administration devait porter plainte contre X... d'ici à la fin de la semaine, pour "recel de vol", à la demande de la DRAC, qui cherche la trace d'une quinzaine d'oeuvres disparues. Une au moins, une photo de l'artiste allemand Thomas Demand, manque toujours à l'appel. Il y en aurait d'autres, selon le président intérimaire du Frac.
Ces éléments à charge se sont accumulés depuis quelques mois, en même temps que se dégradaient les relations entre M. Chupin et le cabinet de la région Poitou-Charentes. La plainte au pénal déposée le 5 novembre au tribunal de grande instance d'Angoulême pour "harcèlement moral", par le directeur du Frac contre Mme Royal, ex-présidente du FRAC, n'a rien arrangé. Mais selon Béatrice Josse, présidente de l'Association nationale des FRAC, le cas de M. Chupin "n'est pas isolé. D'autres directeurs se trouvent harcelés mais, jusqu'à présent, personne n'a osé rien dire."
Ségolène Royal n'apprécie pas le directeur du Frac et, à la différence de ses prédécesseurs, elle l'a fait savoir : "Il n'est pas l'homme de la situation", a-t-elle déclaré brutalement, en janvier 2006, au quotidien La Charente libre. A l'époque, la présidente de région voulait imposer l'installation du Frac, dont les salles de conservation sont à l'étroit à Angoulême, à Linazay, dans un village du nord de la Vienne (Le Monde du 21 février). M. Chupin, le personnel et la DRAC y étaient opposés. Au final, un Frac multisites (entre Angoulême, Linazay et des antennes locales) pourrait voir le jour. Mais aucun travail sérieux n'a encore étayé le projet.
M. Chupin, par l'intermédiaire de son avocat, Daniel Lalanne, lui reproche cette "déconsidération publique", sa "mise à l'écart" et son "éviction", des "vexations" devant le personnel et un "abaissement public". "Toutes ces actions ont porté atteinte à la dignité personnelle, à l'autorité et à l'avenir professionnel de mon client", martèle Me Lalanne. Une négociation pour un départ à l'amiable a échoué. Dorénavant, les comptes vont se régler devant les tribunaux.
Claudia Courtois
Article paru dans l'édition du 30.11.06 Le Monde
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